Présentation du projet

Un Parlement des enfants en faveur de l’égalité des filles et des garçons à l’école.

L’école est le lieu où les élèves acquièrent les compétences qui leur seront indispensables tout au long de la vie pour construire leur avenir personnel et professionnel, réussir leur vie en société et exercer leur citoyenneté. L’école est également le lieu où les élèves apprennent le « vivre ensemble ».

L’école, votre école, est donc le partenaire idéal de cette troisième session du Parlement des enfants. En effet, vos élèves de 6ème primaire, en réalisant une simulation parlementaire en classe par la rédaction d’une proposition de décret sur l’ « égalité des filles et des garçons à l’école  développeront notamment leur esprit critique, leur sens des responsabilités, leur ouverture aux autres et leur autonomie.

L’égalité entre les filles et les garçons pourrait semblée acquise. En effet, plus nombreuses sont les jeunes femmes à suivre des études supérieures et des filières scientifiques, plus nombreuses sont- elles également à travailler et à choisir des métiers de cadre.

Pourtant, à y regarder de près, les filles sont majoritaires dans les filières dites littéraires et en sciences humaines ainsi que sous-représentées dans les filières scientifiques et techniques. De plus, elles investissent moins souvent que les hommes des fonctions dirigeantes et leurs salaires restent globalement inférieurs. Il est également constaté qu’elles occupent plus fréquemment que les hommes des emplois qui ne correspondent pas à leur niveau d’études et travaillent davantage à temps partiel. Des inégalités apparaissent dans bien d’autres domaines notamment au sein de la cellule familiale où les femmes sont couramment en charge des tâches ménagères et de la gestion des enfants.

Ainsi, malgré d’importantes avancées historiques, sociétales et législatives, il reste du chemin à parcourir pour que l’égalité des chances entre les filles et les garçons devienne une réalité.

Il est donc important de conscientiser nos enfants sur les différences de traitements qui subsistent de nos jours. Cette réflexion doit pouvoir se faire dès le plus jeune âge car elle nous renvoie à nos représentations, nos valeurs, nos croyances solidement ancrées et ébranle nos préjugés quant aux rôles sociaux et professionnels que nous attribuons souvent inconsciemment aux femmes et aux hommes.  Les stéréotypes font partie de notre culture. Ils sont véhiculés par la société, la famille, l’école et les médias et nous imprègnent dès la naissance, au fur et à mesure de notre développement.

Par conséquent, il est essentiel d’expliquer à nos enfants qu’il est possible de transgresser les normes, qu’il n’y a pas de destin probable, de voie naturelle pour un sexe ou l’autre comme voudrait nous le faire penser ces stéréotypes.

L’école a ici un rôle pédagogique et exemplatif important à jouer. Cependant, force est de constater qu’à l’école aussi des progrès doivent être réalisés : que ce soit dans les manuels scolaires où les femmes et les filles sont encore sous ou mal représentées, dans les attitudes inconscientes adoptées par les professeur(e)s qui demanderaient plus volontiers à une fille de répéter la leçon alors qu’un garçon serait plus souvent appelé à réaliser un nouvel exercice ou encore dans la cours de récréation où les filles et les garçons choisissent fréquemment des jeux exclusifs de l’autre sexe.

Avant de commencer l’élaboration de la proposition de décret en tant que telle, il vous est proposé d’aborder le sujet avec vos élèves en vous référant à leur schéma familial (division des tâches à domicile, rôle joué par chaque parent à la maison), à l’actualité ou encore aux interactions que vous constatez en classe. Vous pouvez aussi entamer la discussion en posant des questions simples du type : est-ce qu’une fille peut jouer au foot? Est-ce qu’un garçon peut préparer à manger avec sa maman ou son papa? Est-ce qu’un garçon peut porter un pull rose? Est-ce qu’une fille peut bricoler avec son papa ou sa maman? Est-ce qu’une femme peut-être pompière? Est-ce qu’un homme peut être puériculteur?

Une fois conscients des inégalités qui demeurent dans notre société,  les enfants seront alors capables de poser des constats concernant le respect ou non de l’égalité entre les filles et les garçons au sein de l’école et de proposer ensuite des mesures visant à promouvoir et/ou renforcer cette égalité en son sein.

A titre d’exemple, la proposition de décret pourrait comprendre des mesures portant notamment sur :

  • la répartition des jeux dans la cour de récréation ;
  • les cadeaux offerts aux filles et garçons de l’école à l’occasion de la Saint- Nicolas ou lors de remises de prix spéciaux en fin d’année scolaire ;
  • la recherche systématique en classe des stéréotypes subsistant dans les manuels scolaire, dans les feuillets d’étude ou sur les affiches collées aux murs de l’école ;
  • le rôle communément attribué à l’un ou l’autre sexe dans les spectacles scolaires ;
  • la répartition des filles et des garçons dans la classe ;
  • la distribution des tâches et des responsabilités entre les filles et les garçons ;
  • la manière de favoriser les interactions entre les filles et les garçons ;